Mémoire et nature dynamique du réchauffement de la stratosphère au printemps
La communauté scientifique s’intéresse de plus en plus aux échauffements stratosphériques
Cette nouvelle étude publiée dans Communications Earth & Environment s’appuie sur 71 ans de données stratosphériques dans l’hémisphère Nord de la réanalyse ERA5 du Centre européen de prévision météorologique à moyen terme. Elle montre que l’inversion de la circulation zonale au début du printemps peut être douce et tardive, principalement contrôlée par le réchauffement radiatif solaire de la région polaire, ou précoce et abrupte avec une augmentation rapide de la température polaire et une décélération rapide du vent zonal, forcées par l'activité des ondes planétaires, similaire à échauffement stratosphérique soudain de milieu d’hiver.
Ainsi, deux composites ont été construits en regroupant 20 années présentant une transition douce (composite ESF radiatif) et 20 années présentant une transition abrupte (composite ESF dynamique). La figure montre une différence très significative entre les deux composites dans l'évolution au cours de l'année de la température polaire et du vent zonal à 60°N. Cette étude montre que l'état du vortex polaire un mois donné est anticorrélé avec son état 2 à 3 mois plus tôt. Le début de l'hiver est anticorrélé avec le milieu de l'hiver et le milieu de l'hiver avec la fin de l'hiver et le début du printemps. La stratosphère d'été garde la mémoire de son état en avril-mai après l’ESF jusqu'à fin juin. Ces résultats pourraient aider à améliorer les prévisions météorologiques saisonnières
Pour en savoir plus
Hauchecorne, A., Claud, C., Keckhut, P. et al. Stratospheric Final Warmings fall into two categories with different evolution over the course of the year. Commun Earth Environ 3, 4 (2022).