Quand les étoiles font grise mine : l'astronomie face à son bilan carbone
L'accord de Paris
Pour mener cette étude, des scientifiques du CNRS Terre & Univers (voir encadré) ont dressé un inventaire exhaustif de 1211 infrastructures astronomiques notables depuis 1945. Ils ont ensuite modélisé le profil des émissions annuelles de gaz à effet de serre pour chacune d'entre elles, en se basant sur des critères tels que le coût, la taille ou le poids, tout en tenant compte de l'évolution de l'intensité carbone de l'économie. Cette approche novatrice a permis de dresser un tableau complet de l’évolution de l'empreinte carbone de la recherche astronomique sur plusieurs décennies.
Les résultats sont sans appel : les émissions suivent une tendance croissante, largement dominée par les missions spatiales. L'extrapolation de ces tendances montre une trajectoire incompatible avec les objectifs de l'accord de Paris, même en cas de décarbonation accélérée. Seule une combinaison de décarbonation profonde et de limitation, voire de réduction, du nombre de moyens d'observation permettrait d'atteindre la neutralité carbone visée. Cette étude soulève des questions fondamentales sur l'avenir de la recherche en astronomie et astrophysique. Elle invite la communauté scientifique à une réflexion approfondie sur ses pratiques et à envisager des changements majeurs pour assurer une trajectoire soutenable, sans pour autant compromettre les avancées scientifiques cruciales dans ce domaine.
Laboratoire CNRS impliqué
Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP - OMP)
Tutelles : CNRS / CNES / Université Toulouse III - Paul Sabatier
Pour en savoir plus
Knödlseder, J. et al. Scenarios of future annual carbon footprints of astronomical research infrastructures. Nat. Astron. (2024).
DOI : 10.1038/s41550-024-02346-0