Un nouveau record de carottage sédimentaire depuis le N.O. Marion Dufresne pour une science plus ambitieuse
Le 5 mars 2019, au cours de l’expédition océanographique MD218 CROTALE (Crozet archipelago paleoceanography) à bord du navire océanographique Marion Dufresne 2, une équipe internationale
Cette performance a pu être réalisée grâce à de récentes améliorations du système de carottage menées par les personnels CNRS détachés à l’Institut polaire français (IPEV) et conduites dans le cadre de l’EquipEx CLIMCOR
Les améliorations ont plus particulièrement porté sur les rénovations du treuil océanographique Siamois (Kley France) et du portique de carottage, ainsi que sur la mise au point d’un nouveau câble tressé extrêmement rigide (Cousin Trestec). Ces améliorations permettent de supporter les tractions de 45 tonnes potentiellement nécessaires pour extraire des fonds marins des carottiers de plus de 70 m et de récupérer des séries sédimentaires non perturbées par le carottage. De plus, la structure du Marion Dufresne 2 a été modifiée afin de permettre la manipulation de carottiers de 75 mètres.
Au-delà de l’exploit lui-même, l’excellente préservation du sédiment dans la carotte va permettre à l’équipe scientifique d’étudier les changements climatiques de périodes géologiques rarement atteintes dans l’océan Austral, comme la Transition du Pléistocène Moyen (MPT, datée de 1,25 à 0,8 million d’années) au cours de laquelle la récurrence des cycles glaciaires-interglaciaires a évolué de 40 000 à 100 000 ans sans variation significative des forçages externes. Les carottes sédimentaires récupérées au cours de MD218 CROTALE vont ainsi permettre de reconstruire, sur le dernier 1,5 million d’années, les évolutions des températures océaniques de surface et de fond, de la position et de l’intensité du courant circumpolaire antarctique, des cycles biogéochimiques et plus particulièrement du carbone dans le secteur ouest indien de l’océan Austral et de comprendre comment leurs interactions ont conduit à la MPT.
Le Marion Dufresne 2 reste à ce jour le seul navire océanographique à permettre des carottages de plus de 40 m, une prouesse due à un réel savoir-faire français. La communauté paléo-océanographique française a ainsi la chance de bénéficier d’un outil unique sur la scène internationale, grâce à des développements technologiques qui demandent néanmoins à être poursuivis après CLIMCOR.