Mieux anticiper les crues-éclair méditerranéennes et leurs impacts

Explorations Surfaces continentales

En France comme dans les autres pays méditerranéens, les crues éclair causent régulièrement de lourds dégâts humains et matériels. Les coûts associés peuvent atteindre plusieurs centaines de millions d’euros par événement.  Une bonne anticipation de ces crues s'avère d'une importance cruciale pour en limiter les impacts, mais elle se heurte encore à plusieurs difficultés : tout d’abord, la faible prévisibilité et l’évolution rapide des événements météorologiques générateurs ; ensuite, la multitude des petits cours d'eau potentiellement touchés (dont le linéaire est d’environ 100.000 km sur le territoire métropolitain), ainsi que leurs temps de réponse très courts aux pluies intenses (souvent de l’ordre de quelques dizaines de minutes) ; et enfin, la connaissance souvent inexistante des zones inondables et des enjeux exposés aux crues de ces petits cours d’eau, .

Des travaux conduits dans la cadre du projet ANR PICS et du programme HyMeX étudient la mise en œuvre de chaînes de prévision innovantes, basées sur les dernières avancées scientifiques. Capables d’identifier les phénomènes pluvieux et d’anticiper de 3 à 6 heures les risques de crues associés, ces nouvelles approches pourraient également permettre de disposer d’une estimation des zones inondées et des impacts possibles sur les territoires.

Pour arriver à cet objectif, le projet mobilise et fait progresser les savoir-faire actuels sur quatre aspects : la prévision des précipitations intenses pour une anticipation allant jusqu’à 6 h (prévision immédiate), et la représentation des incertitudes de cette prévision ; la prévision des débits de crue sur les petits cours d’eau (jusqu’à environ 500 km² de surface drainée) à partir de modèles hydrologiques « pluie-débit » ; la modélisation hydraulique « automatisée » pour fournir des scenarios d'inondation suffisamment précis pour un grand nombre de petits cours d’eau ; enfin, la modélisation des impacts dans les zones inondées à partir de la connaissance a priori de l'exposition des biens et des infrastructures.

Ces avancées sont rendues possibles grâce à la collaboration de partenaires issus de différents domaines scientifiques (météorologues - hydrologues - hydrauliciens – géographes - sociologues), et de différents acteurs opérationnels (services de prévision des crues, gestionnaires de crise, services de secours, assureurs, gestionnaires d'infrastructures). Ces travaux doivent s’achever en 2022 et pourront ensuite être valorisés pour l’amélioration des services opérationnels d’avertissement aux crues soudaines (Vigicrues Flash).

Auteures et auteurs

Olivier Payrastre1, Olivier Caumont2, Bruno Janet3, Pierre Javelle4, Dimitri Lague5, Jean-Philippe Naulin6, David Moncoulon7, Frederic Pons8, Maria-Helena Ramos9, Isabelle Ruin10

  • 1. Université Gustave Eiffel
  • 2. Météo France (CNRM)
  • 3. SCHAPI
  • 4. INRAE
  • 5. CNRS (Geosciences Rennes)
  • 6. CCR
  • 7. CCR
  • 8. Cerema
  • 9. INRAE
  • 10. CNRS (IGE)
Crue des cadereaux à Nîmes le 10 octobre 2014© Ville de Nîmes

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Au sein du programme MISTRALS, plus de 1000 scientifiques de 23 pays ont étudié l’environnement et les changements globaux dans et autour de la mer Méditerranée, et publié plus de 1500 articles scientifiques. Coordonné par le CNRS, Mistrals est un programme commun entre l’Ademe, le CEA, l’Ifremer, INRAE, l’IRD et Météo-France.  Retrouvez ici d'autres articles illustrant de ce grand programme. Lancé le 10 mars 2010, le programme de recherche Mistrals est arrivé à son terme. Retrouvez ici quelques articles illustrant ce grand programme.